Des visages connus… au cœur de fraudes bien réelles

Au Québec, plusieurs personnalités publiques ont vu leur image détournée dans des publicités frauduleuses qui circulent massivement en ligne.

L’animatrice Ève-Marie Lortie en est un exemple frappant. Des fraudeurs ont utilisé sa photo, sa voix et même des textes écrits à la première personne pour promouvoir de fausses pilules amaigrissantes. Le contenu était si crédible que des internautes ont réellement cru qu’elle en faisait la promotion… et certains ont transmis leurs informations bancaires. (Source : Journal de Montréal)

Elle n’est pas la seule. La nutritionniste Isabelle Huot a elle aussi été victime de vidéos truquées où son image et sa voix étaient reproduites pour vendre des produits miracles. Dans certains cas, des Québécois ont été prêts à payer plusieurs centaines de dollars, convaincus de la légitimité de l’offre. (Source : Journal de Québec)

Même scénario du côté de Marie-Claude Barrette, dont l’identité a été utilisée dans de fausses publicités liées à des investissements en cryptomonnaie. (Source: Journal de Québec)

Dans tous ces cas, un point commun ressort : les contenus sont suffisamment réalistes pour tromper des utilisateurs… et circulent souvent pendant des jours avant d’être retirés.

Ce phénomène n’a plus rien d’isolé. Il est devenu systémique.

Un projet de loi pour tenter de reprendre le contrôle

Face à cette montée des fraudes, le gouvernement du Québec s’apprête à déposer un projet de loi visant à renforcer la lutte contre l’usurpation d’identité en ligne.

L’objectif est d’outiller davantage des organismes comme l’Office de la protection du consommateur et l’Autorité des marchés financiers afin qu’ils puissent intervenir plus rapidement, notamment pour faire retirer les publicités frauduleuses diffusées sur les plateformes numériques.

Pendant longtemps, les victimes se sont heurtées à une forme d’impuissance. Les démarches étaient longues, complexes et souvent inefficaces, surtout lorsque les fraudeurs opéraient à l’extérieur du pays.

Ce projet de loi vise donc à corriger ce déséquilibre. À donner enfin des leviers concrets pour agir.

Mais cette avancée, aussi nécessaire soit-elle, ne doit pas créer un faux sentiment de sécurité.

Une réponse politique… face à un problème technologique

Les fraudes observées aujourd’hui reposent sur des technologies qui évoluent extrêmement vite. Les deepfakes, par exemple, permettent de reproduire une voix, un visage et un ton avec un niveau de réalisme qui rend la détection difficile, même pour un œil averti.

Dans plusieurs cas rapportés, les victimes affirment avoir cru à ces contenus parce qu’ils semblaient parfaitement authentiques.

C’est là que réside le véritable défi.

Une loi peut encadrer, sanctionner, accélérer certains processus. Mais elle ne peut pas ralentir l’évolution des outils utilisés par les fraudeurs, ni éliminer les opérations orchestrées à l’international.

Autrement dit, le cadre légal peut s’améliorer… mais le risque, lui, continue de progresser.

Pourquoi les PME sont particulièrement exposées

Ce type de fraude ne se limite pas aux personnalités publiques. Il s’étend progressivement aux entreprises, et particulièrement aux PME.

Une entreprise locale avec une bonne réputation, une présence active sur les réseaux sociaux et des visages visibles devient une cible idéale. Il suffit de récupérer quelques images, de reproduire un ton ou de détourner un message pour créer une fausse communication crédible.

Contrairement aux grandes organisations, les PME disposent rarement d’outils pour surveiller ce type d’usurpation en temps réel. Les fraudes peuvent donc circuler sans être détectées immédiatement.

Et lorsqu’elles sont découvertes, les impacts sont souvent immédiats. Des clients peuvent se faire tromper, poser des questions, perdre confiance. Dans certains cas, l’entreprise doit gérer une crise qu’elle n’a pourtant jamais provoquée.

Ce que ce projet de loi change réellement

Même s’il n’est pas encore adopté, ce projet de loi marque un changement important dans les attentes envers les organisations.

Il envoie un message clair : la fraude numérique est prise au sérieux, et les mécanismes pour y répondre vont se renforcer.

Cela signifie que les entreprises devront, de plus en plus, être en mesure de réagir rapidement lorsqu’un incident survient. Elles devront aussi démontrer une certaine vigilance face à leur présence en ligne.

Parallèlement, les plateformes numériques pourraient être davantage contraintes d’intervenir. Mais dans les faits, les délais et l’efficacité de ces interventions varieront encore.

Il faut donc éviter une conclusion trop rapide. Le projet de loi améliore le cadre, mais il ne remplace pas les mesures internes.

Une posture à revoir pour les entreprises

Ce contexte impose une réflexion importante pour les PME.

La cybersécurité ne peut plus être perçue uniquement comme une protection des systèmes informatiques. Elle touche désormais l’image, la réputation et la confiance des clients.

Cela implique de mieux comprendre ce qui circule en ligne, de limiter l’exposition inutile d’informations sensibles et de sécuriser les accès aux outils numériques. Cela passe aussi par la sensibilisation des équipes, souvent en première ligne face aux tentatives de fraude.

Enfin, il devient essentiel d’être prêt à agir rapidement. Lorsqu’une usurpation survient, chaque heure compte. Une réponse tardive peut amplifier les impacts.

Une réalité qui va continuer de s’intensifier

Les exemples récents le démontrent clairement : les fraudeurs n’ont plus besoin de pirater un système pour causer des dommages. Ils peuvent simplement imiter.

Et plus les technologies progressent, plus cette imitation devient crédible.

Le projet de loi du gouvernement québécois arrive donc à un moment critique. Il reconnaît un problème bien réel et propose des outils pour y répondre.

Mais il ne doit pas être perçu comme une solution complète.

En conclusion

L’usurpation d’identité en ligne s’impose aujourd’hui comme une menace concrète, visible et en croissance.

Les cas impliquant des personnalités québécoises ont permis de mettre en lumière l’ampleur du phénomène, mais ils ne représentent que la pointe de l’iceberg.

Pour les PME, l’enjeu est clair. Il ne s’agit plus seulement de suivre l’actualité ou d’attendre une protection légale. Il s’agit de comprendre que ces risques peuvent les toucher directement.

Et que la meilleure défense reste une approche proactive.

Passez à l’action

Si certains éléments de cet article résonnent avec votre réalité, il peut être pertinent de faire le point sur votre niveau d’exposition.

Les spécialistes de Mon Technicien accompagnent déjà plusieurs PME du Québec pour sécuriser leurs environnements, protéger leur image en ligne et réduire les risques liés aux fraudes numériques.

Prendre les devants aujourd’hui peut éviter bien des complications demain.